PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs


Conclusion

Tant par sa conception que par les modalités de sa mise en oeuvre partenariale, le plan DUNE de 2010 était destiné à imprimer une dynamique nouvelle au développement des usages du numérique. Il est encore trop tôt pour apprécier ses effets dans les pratiques quotidiennes des enseignants et des élèves, auxquels il est in fine destiné. Il semble néanmoins qu’il ait joué un rôle de « levier » pour les équipes académiques impliquées dans le développement des TICE et pour une partie des corps d’inspection, en réorientant leur attention vers les usages et les ressources là où la priorité était trop souvent donnée aux infrastructures et aux équipements.

Le plan a rappelé des orientations et affiché l’intention de revivifier des partenariats avec les collectivités locales noués depuis quelques années déjà ou d’en développer de nouveaux. Mais sa construction, faite du regroupement d’initiatives antérieures, à l’exception d’un dispositif original de mise à disposition de ressources numériques, et les difficultés de sa mise
en oeuvre n’ont pas permis d’amorcer, un an et demi après son lancement, une dynamique nouvelle.

La procédure d’appels à projets, tant pour la première phase que pour la seconde, n’a pas paru appropriée à la finalité du plan et a fortement contribué à retarder les effets de sa mesure la plus innovante : la mise à disposition des enseignants de ressources numérique regroupées dans un catalogue général géré par le CNDP. Les équipes enseignantes des académies de la
première vague n’ont été informées qu’au printemps 2012 et celles de la seconde ne le seront pas avant octobre. En outre, l’ergonomie de cet outil, largement induite par les exigences des éditeurs, s’est révélée inadaptée aux besoins des enseignants.

Les produits proposés correspondent peu à leurs attentes et aux usages qu’ils privilégient dans leurs classes. La relative faiblesse du niveau des commandes au mois de juin 2012 atteste d’un faible intérêt de leur part. Des modifications ont été apportées pour la seconde phase, qui vont dans le sens des attentes des utilisateurs, mais il est trop tôt pour en évaluer l’impact.
 

La mise en oeuvre du plan a souffert de bien d’autres dysfonctionnements : absence de concertation en amont avec les collectivités territoriales, tant au plan national avec les associations qui les représentent, que dans les académies, imprécision du cadrage initial, faiblesse des moyens humains affectés au plan national. La dotation financière globale
attribuée n’était pas non plus à la mesure des ambitions du plan. Son articulation autour de la politique des ENT a, sans doute, démobilisé certains acteurs. L’absence, dans la première phase, de dispositif organisé de formation a été vivement critiquée. Enfin, pour le portail« Internet responsable », le principal acteur, l’élève lui-même, et sa famille, semblent avoir
été oubliés
 

En faisant porter l’effort financier sur le seul point des ressources numériques éditoriales, la première phase du plan a détourné l’attention des acteurs académiques de l’enjeu majeur de la généralisation : la pratique pédagogique, les usages et donc la formation. Il est trop tôt pour dire si ce défaut initial sera, dans les faits, corrigé, notamment par l’attribution de
financements spécifiques au volet formation dans la deuxième phase pour toutes les académies. La pratique enseignante qui aurait dû être le coeur de cible a été largement oubliée : les référents numériques placés au centre du dispositif doivent être formés, les enseignants doivent être mis en réseau et en capacité pédagogique d’utiliser de manière autonome les outils didactiques disponibles, quels qu’ils soient. Pour cela, les corps d’inspection doivent être eux-mêmes mobilisés et formés. Ce recentrage sur la pratique enseignante doit tenir compte du fait que les enseignants manifestent peu d’appétence pour les manuels numériques et privilégient, au contraire, les outils ouverts, modulables, interactifs,évolutifs."

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