PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

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Transapi c’est Muriel EPSTEIN … et réciproquement ! dirait la « prof de Maths ». Mais avec pour projet de « participer à une école inclusive, pour tous, laïque et républicaine » ajouterait la sociologue.

Cette agrégée de mathématique ne cesse jamais de se mettre en situation de recherche et d’apprendre en faisant apprendre et pour mieux faire apprendre.
Ancienne élève de l’Ecole Nationale de la Statistique et de l’Administration Economique, où elle prend goût à la sociologie, elle enseigne les mathématiques dans le secondaire, à l’Université, dans des Grandes Écoles de commerce ou d’ingénieurs.
Elle décide en 2004 de se consacrer à une thèse sur « les parcours des 16-25 ans et l’effet établissement » en suivant sur 7 années une cohorte de jeunes de 16-25 ans dans toute la France, sur Marseille, Grenoble, Paris , scolarisés dans des établissements classiques mais aussi des établissements alternatifs ( École de la seconde chance, Lycée Autogéré, etc…)., afin de comparer les parcours scolaires de chacun d’eux dans ces différents environnements
« Finalement j’ai observé quelque chose qui n’était pas prévu, le décrochage scolaire au moment où il se produit chez le jeune. »

Cette découverte des conditions du décrochage scolaire la conforte dans l’idée que l’on peut prévenir le phénomène, connu mais dont on ne parle pas et peu s’en préoccupent. Elle constate que le temps moyen entre le début du décrochage scolaire et les premières tentatives de raccrochage est de 30 mois! Outre son coût social, le décrochage scolaire concerne 140 000 jeunes par an et coûte 30 milliards d’euros.
Le phénomène n’est pas nouveau : « Dans les années 60-70 il y a 200 000 abandons d’étude par an, c’est-à-dire beaucoup plus qu’aujourd’hui et …c’est normal ! »

Avec Sophie Bouccara, Elsa Goujard et Laëtitia Darmon , elle décide de fonder en 2013 TRANSAPI une association qui veut « donner aux jeunes de plus de 16 ans les moyens d’apprendre autrement en leur permettant de devenir acteurs de leurs apprentissages. »
TRANSAPI va plus loin encore avec le concours TransiMOOC Histoire-Géo/ Education civique, qui propose aux élèves de 3e de créer une vidéo pour expliquer une notion du cours à l’intention des candidats au Brevet des Collège. Le premier MOOC crée par les jeunes pour les jeunes, pour réviser autrement, et surtout en s’amusant.
« Pour apprendre et mémoriser, il ne suffit pas de lire et d’écouter, il faut produire. Et c’est utile pour réussir le brevet ! » Toutes les vidéos produites ainsi que des quizz et des jeux seront accessibles sous forme de MOOC sur Beebac,
Le succès est à la mesure du projet qui a pu voir le jour grâce au soutien de la Fondation Orange.

Le problème de fond pour Muriel EPSTEIN c’est bien la prévention du décrochage scolaire : « on ne se dit pas ‘tiens, je suis décrocheur’ du jour au lendemain, d’où l’idée de s’adresser à tous, même à celui qui n’est pas du tout coupé de l’école. Tant mieux s’il ne le devient jamais! ».
Le rôle de l’école est donc essentiel : « Tout le monde a envie d’apprendre et on fait croire aux jeunes qui décrochent qu’ils n’aiment pas apprendre » .

Il est donc « important d’essayer de repenser une école plus inclusive et plus collective ou chacun peut retrouver sa place , de réactualiser des pédagogies type FREINET » et d’utiliser les outils du numérique pour cela !

C’est bien le numérique qui m’a fait aller à la rencontre de cette enseignante multitâche, pleine de conviction et de générosité dont la passion d’enseignement reste intacte. Son questionnement est permanent pour faire que l’école permette a chaque élève d’y trouver sa place. Convaincue qu’un élève qui « n’aime pas l’école » peut « apprendre à apprendre », en étudiant autrement, elle puise dans les expériences des très nombreux enseignants qui utilisent les outils du numérique les idées qu’il faut partager pour atteindre cet objectif.

Cela faisait longtemps que je souhaitais publier sur Educavox un « Entretien » avec cette enseignante un peu atypique, militante, déterminée, dont l’énergie et le dynamisme se cachent parfois derrière un ton posé et empathique, et un sourire accueillant qui traduisent une bienveillance et une générosité, valeurs fondatrices de son engagement.

Muriel EPSTEIN sera bien sûr présente aux Boussoles du Numérique à CENON les 14 et 15 octobre prochain.

Claude TRAN

Lire la suite : http://www.educavox.fr/alaune/muriel-epstein