PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

Amos Waintrater est coordinateur du programme de réussite éducative de la ville de Montreuil. Cet accompagnement hors du temps scolaire concerne deux quartiers sensibles de la commune de Seine-Saint-Denis. Portrait du maître d’œuvre de ce programme.

Derrière une fine barbe et une allure d’adolescent, Amos Waintrater révèle un ton posé et une présence apaisante. Dans son bureau dépouillé de la Tour administrative de Montreuil en Seine-Saint-Denis, ce récent trentenaire assume tranquillement ses responsabilités de coordinateur du programme de réussite éducative (PRE) de la commune. Il parle bas, mais jamais court, lorsqu’il évoque sa passion pour la politique de la ville et des problématiques de fractures urbaines.

 

Action, réflexion

Après un troisième cycle en aménagement urbain et développement local à Science-Po, le jeune homme prend en main les dossiers "éducation" du Conseil national des villes (CNV). L’ex-animateur Bafa se consacre pendant deux ans à une toute autre forme d’animation: celle de la démarche initiée par Claude Thélot dans le cadre du débat sur l’école. Un rendez-vous important pour le monde de l’éducation, qui crée l’opportunité d’une première expérience profesionnelle. Une immersion décisive au coeur de l’éducation dans les quartiers de la politiques de la ville Parisien, avantageusement diplômé, l’appel du terrain le gagne. Il abandonne les avis du CNV pour tenter le concours d’attaché territoriale.

 

Admis, il vise un poste alliant action concrète sur un territoire et réflexion. Celui qui avait vu naître la loi de programmation pour la cohésion sociale, lorsqu’il assurait encore la veille éducative du CNV début 2005, postule pour participer à la mise en oeuvre de l’un de ces volets: le programme de réussite éducative. Il constitue l’un des volets éducatifs de la lois de programmation pour la cohésion sociale du 18 janvier 2005 et s’adresse aux enfants et adolescents de 2 à 16 ans présentation des "signes de fragilité", en prenant en compte la globalité de leur environnement. En mars 2006, sous le règne de Jean Pierre Brard, Amos Waintrater intègre le service Education de la ville. Le jeune diplômé veut travailler l’équilibre entre les quartiers et le reste de la ville.

 

Il semble avoir trouvé le sien en prenant les rênes du PRE montreuil-lois, qui n’en est alors qu’à ses balbutiements.

 

Deux ans de concertation

Le dispositif associe étroitement la direction de l’éducation de la ville et les inspecteurs d’académie des circonscriptions participent au recrutement de l’attaché. le diagnostic peut commencer. Après deux ans de concertation entre les partenaires, de l’Education nationale, des services sociaux, des associations et des centres de loirsirs, le PRE prend forme.

 

Il se concentre sur deux quartiers sensibles de la ville: La Noue/ Clos-Français et Bel-air/ Grand Pêchers. Amow Waintrater insiste sur l’importance de l’écoute nécessaire à la mise en place d’un programme s’appuyant sur l’existant. Il identifie rapidement la complexité de la concertation avec les familles en difficultés. Et la nécessité de se doter de moyens humaines supplémentaires. L’équipe s’élargit. Deux travailleuses sociales prennent les fonctions de références de parcours dans chacun des quartiers. Les directions d’écoles relaient à 95% les besoins des publics. Chaque quartier compte aujourd’hui une vingtaine de familles concernées par la démarche de suivi individualisé.

 

Construire une aide de proximité

Deux ans plus tard, les procédures de travail avec les établissements scolaires des deux circonscriptions de l’Education nationale concernées sont formalisées dans une Charte de confidentialité. Le PRE se concentres sur l’aide de proximité et prend garde à ne pas déborder sur le champ de l’assistance social et de la protection de l’enfance, qui relève des compétences du Conseil général. Le coordinateur poursuit sa réflexion sur le sens de cette action très spécifique.

 

Avec les profonds changements engagés récemment par l’Education nationale et l’installation d’une nouvelle municipalité, la période actuelle laisse place au doute. Le financement du PRE est assuré jusqu’à fin 2009, date à laquelle la Convention pluriannuelle entre l’Etat et la Caisse des Ecoles s’achève. D’ici là, la majorité municipale de Dominique Voynet aura dessiné les grandes lignes de sa nouvelles politiques éducative. Pour Amos Waintrater, le PRE a bien pris. là où le Contrat urbain social se tourne vers une action collective, la plus-value du PRE réside dans sa dimension individuelle.

 

 

 

 

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