PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

Extrait  Echelle territoriale et gouvernance des PEL
Les questions du choix de la bonne échelle territoriale et de la gouvernance des PEL pourront être abordées à partir de la question institutionnelle des compétences, à partir de la question des moyens et financements, de la capacité à produire de la coopération éducative de tous les acteurs, de la capacité à disposer des ressources éducatives suffisantes à la viabilité du projet, à partir de la légitimité démocratique et de la crédibilité opérationnelle.
Ne faut-il pas considérer le niveau réalisant le mieux la synthèse de tous ces enjeux et d’abord éliminer les fausses pistes ?
L’école-institution, le collège ou le lycée, où même le regroupement administratif de ces établissements en réseau ou en bassins géographiques peuvent-ils être ce niveau et cet espace de synthèse ? Je ne le crois pas si on veut exprimer une vision globale de l’éducation sur tous les temps de l’enfant et du jeune. De plus, le fonctionnement hiérarchique, l’histoire de l’institution, son caractère étatique et institutionnel ne le permet pas. Il n’est pas en capacité de rassembler en respectant l’autonomie et la spécificité de chacun. D’ailleurs, Claude Lelièvre nous a donné hier un éclairage historique sur l’action et les motivations de l’Etat et l’évolution de l’école-institution. De plus, je considère que le fonctionnement actuel des établissements du second degré, la faiblesse des Conseils d’administration et de la vie collective et la pression vers la caporalisation ne permettent pas de les poser en modèle. De l’autre côté, les associations d’éducation populaire sont-elles en situation d’être ce creuset de convergence, ont-elles la légitimité et les moyens de porter et coordonner un PEL ? Peuvent-elles coordonner des institutions comme l’école, le collège ou le lycée ?
A l’évidence, non, si on ne réduit pas le PEL à l’organisation du péri et de l’extra scolaire et si prend en compte l’importance du temps scolaire.
Si on prenait le modèle de l’école privée, une association de parents peut-elle porter la responsabilité du pilotage d’un PEL comme le font les OGEC pour une école ou un établissement ?
Ce n’est pas souhaitable si on veut à la fois échapper à la mise en concurrence des établissements et des territoires, préserver l’autonomie des professionnels, que ce soient ceux de l’école ou des associations, disposer du recul indispensable et échapper à la pression consumériste, à la dictature du quotidien. Alors, que reste-t-il ? L’Etat ou la commune, dans la mesure où le département ou la région n’ont pas la proximité suffisante avec les acteurs. Aujourd’hui, l’Etat n’a ni les moyens humains et matériels dans le cadre de la RGPP, ni la volonté d’ouverture pour jouer ce rôle de coordination. Sa double caractéristique est un repli sur ses fonctions régaliennes et une volonté de contrôle et non d’animation et d’initiative."

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Categories: Ecoles - Familles

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