PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

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In L’Expresso – le Café pédagogique – le 3 mars 2014 :

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Le dialogue avec les parents est déterminant dans la lutte contre le décrochage. C’est le principal enseignement de l’étude de Dominique Goux, Marc Gurgand et Eric Maurin (Paris School of Economics) que vient de publier l’IZA. Reprenant une expérimentation menée dans l’académie de Versailles, sur laquelle un rapport intermédiaire avait été publié cet été,  le rapport met en évidence l’impact d’un échange régulier entre les principaux des collèges et les parents des élèves susceptibles de décrocher en fin de troisième. Si le dialogue n’a pas d’impact sur le niveau scolaire des élèves, il facilite leur maintien dans le système éducatif jusqu’à l’obtention d’un diplôme professionnel court. Pour autant il ne règle pas tous les handicaps de l’éducation prioritaires. 

Testé sur plus de 4000 élèves de troisième de l’académie de Versailles, le dispositif évalué par l’Ecole économique de Paris a un coût fort modeste : celui des vidéos qui sont projetées aux parents par les principaux. Car l’essentiel du dispositif est porté par les principaux des collèges. Ce sont eux qui doivent sélectionner les élèves "à risque" de décrochage. Ce sont eux encore qui appellent au téléphone leurs parents pour les inviter à assister à des réunions. Ce sont encore eux qui animent, en suivant les conseils et en utilisant les documents de l’expérimentation, les deux réunions prévues. 

Mais leur intervention porte ses fruits. En comparant le devenir des collégiens de troisième à risque de décrochage avec des groupes similaires qui n’ont pas bénéficié de ces réunions, les auteurs mettent en évidence des changements significatifs. Le premier c’est qu’un pourcentage significativement plus élevé de parents viennent assister aux réunions auxquelles ils sont invités (+24% selon l’étude). L’impact de ces réunions est attesté. A leur issue, les parents se forgent des espoirs plus réalistes sur le devenir scolaire de leur enfant. Les réunions n’ont pas d’effet sur le niveau scolaire de ces élèves à risque qui reste très faible et ne s’améliore pas. Mais les parents abandonnent davantage (+8%) le rêve d’un bac ou la demande d’un redoublement pour se tourner vers un CAP. Les choix d’orientation des familles s’en trouvent affectés. Les demandes d’entrer en CAP augmentent d’un tiers et les voeux pour une filière bac diminuent en proportion. Le taux de décrochage diminue de 36%, celui des redoublements, souvent improductifs, de 34%. 

Les chercheurs ont pu suivre le devenir des élèves et évaluer les effets durables du programme. Deux ans après leur orientation en fin de troisième, la proportion de ces élèves qui a redoublé ou quitté la filière de CAP est sensiblement la même que pour les élèves qui n’ont pas suivi le programme. 

On touche là aux limites du programme. Si ce dispositif aide les familles à éviter un décrochage brutal en fin de troisième et une sortie du système éducatif sans diplôme, ce qui n’est pas rien, il ne remédie pas aux difficultés scolaires de ces jeunes. Il ne leur donne pas de chances supplémentaires de tirer parti de leur présence en classe. 

Le dialogue avec les familles peut-il malgré tout améliorer les résultats des élèves ? Pour cela il faut qu’il soit plus précoce qu’un simple baisser de rideau de fin de collège. Dans une intervention devant la Mission d’information sur les relations école – parents de l’Assemblée nationale, le 27 février, Eric Charbonnier, analyste à la direction de l’éducation de l’OCDE, a pu montrer à partir d’exemples (Pays Bas, Irlande, Portugal) comment améliorer les relations parents – école peut avoir un effet en faveur de davantage d’égalité sociale à l’école. Ainsi au Portugal, le fait d’améliorer les rapports entre enseignants, cadres sociaux et familles permet d’aider davantage les élèves, quitte à ce que les éducateurs les accompagnent en classe. 

Mais ces meilleures relations avec les parents doivent aussi être accompagnées de réformes plus structurelles. Ainsi Eric Charbonnier insiste sur la nécessité d’une formation des enseignants à enseigner devant un public populaire et d’un recrutement prenant en compte d’autres aspects que la formation académique. Le dialogue avec les familles doit aussi avoir ses limites. Laisser par exemple un libre choix des établissements aux familles, a des effets ségrégatifs attestés. Le nouveau dialogue avec les familles que l’Ecole envisage n’est qu’un élément d’une refondation plus globale. 

François Jarraud 

Etude IZA

Bilan intermédiaire (en français)

Intervention d ‘Eric Charbonnier

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