PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

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« Les Français sont nuls en langues » cette phrase est devenue une expression à part entière et fait même partie des suggestions sur certains moteurs de recherche. Si les Français arrivent au 25ème rang mondial dans le classement du TOEC, il s’avère que la question est bien plus complexe qu’elle n’y paraît et que la jeune génération est bel et bien en train de bouleverser la donne.
 
Babbel l’application d’apprentissage des langues en ligne, a mené l’enquête auprès de 85.000 de ses utilisateurs ; il en ressort que les Français ne seraient pas si mauvais en langues qu’on le prétend. Imprégnés par cette idée depuis leur enfance, les Français auraient des difficultés à surmonter l’effet « Golem » qui se traduit par une performance moindre et des objectifs moins élevés sous l’effet d’un potentiel jugé limité par une autorité (parent, professeur, …).
 
Si le monde était une gigantesque classe de langues étrangères

Les Français font face à un paradoxe : leur environnement culturel et linguistique ne favorise pas l’apprentissage d’une langue alors qu’ils sont potentiellement de bons élèves. Lorsqu’il s’agit d’apprendre une langue, les capacités des Français se situent plutôt au dessus de la moyenne internationale.
 
Babbel a combiné les résultats de ses utilisateurs du monde entier en terme de « mémorisation du vocabulaire » et leur pourcentage de réponses correctes lors de leçons interactives. Les résultats montrent qu’il y a peu de différences entre les pays. Si le monde était une classe de langues étrangères, la moyenne du plus mauvais élève serait de 13/20 alors que la moyenne du meilleur élève serait de 15/20. La moyenne générale de la classe serait de 14,74/20 et l’élève Français serait plutôt bon élève avec une moyenne générale 14,88/20. [*]
 
Des freins historiques

Historiquement pays centralisé prônant le monolinguisme, la France n’offre pas un environnement laissant la place aux autres langues. En ce sens, il existe un important décalage entre l’évolution de la société et les structures en place. 2 Français sur 5 sont pourtant en contact avec une langue étrangère dans leur cercle familial selon une étude Babbel.
 
La nouvelle génération des possibles

Le mouvement amorcé par la jeune génération qui se montre plus volontaire dans l’apprentissage des langues, modifie ce qui s’est trop longtemps apparenté à une fatalité. 91 % des étudiants déclarent qu’une langue étrangère constitue un important levier professionnel. Les jeunes parents, incitent leurs enfants à apprendre une langue assez tôt. La Commission européenne préconise d’ailleurs l’apprentissage de deux langues vivantes avant l’entrée en sixième.
 
« Bien souvent on confond le niveau général d’un pays en langues étrangères avec la capacité d’apprentissage de ses habitants, comme si c’était une affaire de génétique. Se penser d’emblée comme étant une nation « nulle en langues » a un côté contre-productif qui est de l’ordre de la prophétie auto-réalisatrice : si un grand nombre de Français intègre l’idée que les Français sont par définition « nuls en langues » il y a peu de chances pour qu’ils aient envie de contredire cette idée. Or rien ne la justifie puisque les Français sont plutôt bons élèves quand ils osent s’y mettre, » explique Matthew Youlden, expert linguistique chez Babbel.
 
Les Français plus assidus que la moyenne

Loin d’être fainéants, a termes, les Français pourraient rattraper leur retard. Ils sont plus assidus que la moyenne. Selon l’étude Babbel, la moyenne des cours complétés par les utilisateurs Français de Babbel est de 8,2 contre 7,5 à l’international. Leur fréquence d’apprentissage est elle aussi supérieure : 77% d’entre eux apprennent plusieurs fois par semaine contre 72% à l’international. De quoi réviser certains clichés.
 
Les Français acquièrent donc les bases d’une langue, sa grammaire et son vocabulaire. Pourtant lorsqu’il s’agit de s’exprimer ils perdent toute éloquence car ils ne pratiquent pas toujours suffisamment la conversation par peur de faire des fautes. La recherche de perfection ne permet donc pas toujours de progresser.
 
Quoiqu’il en soit, apprendre une langue permet de gagner confiance en soit selon 79% des Français.

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