PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

Print Friendly

In CEREQ – Centre de Recherches sur les Qualifications :

Accéder au site source de notre article.


Le Céreq a évalué un dispositif expérimental visant à favoriser le retour vers une formation qualifiante des jeunes non diplômés en rupture scolaire. L’absence d’impact sur les parcours mesuré par une méthode randomisée contraste avec la satisfaction des acteurs et des bénéficiaires.

Evaluer un dispositif de lutte contre la rupture scolaireTélécharger la publication

 

En France, environ 120 000 jeunes quittent chaque année le système éducatif français sans diplôme. À partir de 2009, le Fonds d’expérimentations pour la jeunesse (FEJ) a financé diverses actions expérimentales visant à lutter contre le décrochage scolaire. Parmi elles, l’expérimentation APIPAQ (accompagnement partenarial d’itinéraires personnalisés vers la qualification) avait pour objectif de favoriser le maintien ou le retour de jeunes en rupture scolaire vers une formation qualifiante. Elle reposait sur un partenariat renforcé entre rectorat et mission locale, et sur la création d’espaces d’accueil personnalisés (EAP) animés par un organisme de formation indépendant, à destination des jeunes les plus en difficulté. APIPAQ a été mise en oeuvre entre 2009 et 2011.
Sur cette période, au niveau national, ont été mis en place le système interministériel d’échanges d’informations (SIEI) et des plateformes locales de lutte contre le décrochage scolaire visant à repérer et à prendre en charge ces jeunes.
APIPAQ, dispositif innovant initié sur une échelle limitée (le bassin de Marseille), aurait pu être étendu. Cependant, les résultats de l’évaluation conduite par le Céreq ne plaident pas en faveur de sa généralisation.

Expérimentation randomisée : principe, protocole et mise en oeuvre
L’évaluation quantitative d’APIPAQ repose sur la méthode randomisée. Celle-ci consiste à définir une population susceptible de bénéficier d’un dispositif, puis à répartir aléatoirement les individus dans deux groupes distincts : le groupe « intervention » et le groupe « témoin ». Dans le cas présent, la population entrant dans l’expérimentation était repérée par la mission locale et le rectorat. Tous deux transmettaient au Céreq, en temps réel, les informations nominatives relatives aux jeunes. Dès réception de celles-ci, le Céreq affectait de manière aléatoire chaque jeune au groupe « intervention » ou « témoin ». Il informait ensuite le partenaire à l’origine du repérage, c’est-à-dire soit la mission locale, soit le rectorat, du résultat de cette affectation.
Un jeune sur deux a été placé dans le groupe « intervention ».
L’acteur chargé du suivi d’un jeune affecté au groupe « intervention » pouvait lui proposer de bénéficier d’un EAP s’il jugeait que cette solution était plus adaptée que celles préexistantes. En revanche, un jeune placé dans le groupe « témoin » bénéficiait d’une prise en charge classique et ne pouvait en aucun cas être orienté vers un EAP.

Répondre