PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

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Extraits de l’article

– Vous définissez la politesse comme une compétence sociale

– La politesse est une compétence sociale, comme le partage, la coopération … Or, pour partager, pour coopérer, on imagine qu’il y a d’abord des comportements de politesse à adopter. Pour partager, pour coopérer, il faut écouter, respecter, parler correctement … La politesse est donc une compétence sociale transversale, fondamentale : elle participe à toutes les autres compétences. Être compétent socialement, c’est maîtriser un ensemble de comportements à mettre en oeuvre dans une situation donnée, pour réaliser certaines tâches et agir sur son environnement. C’est une notion abstraite qui ne peut se mesurer qu’à travers des comportements observables, verbaux et non verbaux. Cette compétence nous permet de réussir dans nos relations avec les autres. Elle attire sur nous un regard positif. A l’inverse, en cas de transgression, on s’expose à des sanctions sociales.

– L’école doit-elle éduquer aux compétences relationnelles et sociales ?

– Les textes officiels, définissant notamment les programmes de l’école élémentaire, abordent les notions de vivre ensemble, de socialisation, de respect … mais il n’y a jamais de pistes pour dire comment arriver à ce genre de choses. On a l’impression qu’il s’agit d’une priorité, mais on ne nous dit pas comment faire … On vous dit qu’il faut impérativement faire un gâteau sans vous donner ni les ingrédients ni la recette! Voilà ce qui me semble négligé dans les bulletins officiels et qui laisse démunis les professeurs des écoles. On a un groupe à gérer, des compétences à faire émerger, mais pas de manuel pour savoir comment faire. Bien sûr, il n’y a pas de recette, mais on aimerait des pistes pour savoir comment avancer avec les enfants. L’enseignement des différentes matières est important mais il ne faut pas laisser au second plan l’apprentissage des compétences relationnelles et sociales. Ce devrait même être la priorité puisque c’est à partir du social, du bien-être, du vivre ensemble, que les enfants améliorent leur capacité à apprendre. Cela suppose de modifier la formation des enseignants mais je ne suis pas sûre que l’on s’oriente vers cela aujourd’hui. La connaissance des codes des uns et des autres pourrait permettre de résoudre certains malentendus. Il nous faut donc des moyens et des méthodes pour avancer sur cette question-là. Je pense que la formation des enfants pourrait se faire dès la maternelle et qu’il y aurait des piqûres de rappel dans les classes suivantes, au fur et à mesure que l’enfant grandit, qu’il acquiert de nouvelles compétences, qu’il a une autre connaissance des situations sociales. Et cela devrait aussi concerner les adultes!

Laurence Filisetti est docteure en psychologie sociale.

Elle est maître de conférences et chercheuse au CERSE (Centre d’Etudes et de Recherche en Sciences de l’Education) à l’Université de Caen en Basse-Normandie.

Elle est l’auteur de "La politesse à l’école", Editions des Presses Universitaires de Grenoble, 2009.

 

 

 

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