PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

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SOMMAIRE
 
Avertissement
 
1 – Introduction
 
2 – L’enquête sur la qualité de vie au travail
2.1 Présentation du questionnaire
2.2 Résultats généraux
Caractéristiques des établissements
La perception des personnels de l’établissement
2.3 Analyse
Climat général de la QVT dans les EPLE
Climats spécifiques de la QVT
1.Sentiment de sécurité
2. Engagement et satisfaction professionnels
3. Politique disciplinaire
2.4 Deux études et indicateurs pour évaluer la QVT
Le tableau de bord «QVT» d’établissement
Les tableaux référentiels des exclusions scolaires
2.5 Bibliographie
 
3 – Le burnout des enseignants
3.1 Les définitions
3.2 L’approche du burnout des enseignants en France
3.3 Les manifestations et les conséquences du burnout
3.4 Intervention sur les individus
3.5 Interventions organisationnelles
3.6 Interventions managériales
3.7 Bibliographie
 
4 – Un concept de prévention : «la civilité»
Sources et outils d’intervention
4.1 Le respect
4.2 La gestion des conflits
L’affirmation de soi
Le désamorçage
4.3 La confiance
Les valeurs psychologique
L’engagement
4.4 La discrimination
La flexibilité psychologique
L’acceptation et la «défusion»
4.5 Bibliographie

 
5 – 23 propositions pour agir
5.1 Organisation de l’établissement
5.2 Exercice du métier
5.3 Aide individuelle
5.4 Structures préventives institutionnelles
 
Annexes
Liste de membres du «Groupe du travail QVT»
Questionnaire «QVT»
Échelle civilité
Grilles d’enquête «Évaluation des sanctions et punitions»
 
AVERTISSEMENT
 
L’enquête présentée dans cet ouvrage a été réalisée en mai juin  2009. Pour des raisons tant techniques que professionnelles l’analyse des données et la publication de cette étude peuvent paraître tardives et nous vous prions de bien vouloir nous en excuser.
Toutefois, bien que portant sur «seulement» près de 400 lycées et collèges et 2 100 personnels, il nous a semblé au regard de l’importance accordée récemment par le Ministère de l’Éducation Nationale à la «qualité de vie au travail» dans les établissements scolaires, et des demandes réitérées de personnels lors des conférences réalisées en 2009-2010 par les auteurs dans les académies, d’oser sa publication.
Trois raisons nous ont guidés :
– La première : continuer sans relâche à démontrer que les conditions de travail sont déterminantes pour la réussite de notre école, notamment en influençant fortement la qualité du climat scolaire.
– La seconde : mettre en évidence les liens santé des personnels, particulièrement le «burnout» et le fonctionnement des établissements.
– La troisième : apporter des pistes de réflexion et des outils susceptibles d’aider à la prévention des risques psychosociaux dans nos lycées et collèges. À noter le caractère singulier de la composition de cet ouvrage qui se présente en deux grandes parties étroitement liées : l’une d’un abord plus traditionnel présente les résultats de l’enquête «QVT» et son analyse suivie de propositions, l’autre plus technique se rapproche de la forme des communications scientifiques médicales. Il fait le point sur deux concepts clés pour le bon fonctionnement de notre système éducatif : le «burnout» des enseignants et la «civilité» du personnel et conclut en présentant des démarches préventives concrètes.
Enfin, il faut préciser que cette enquête – bien que la répartition des catégories d’établissements corresponde dans ses grandes lignes à la répartition nationale – provient d’une interrogation volontaire des personnels sur le mode aléatoire.
Elle n’est pas une enquête sur le burnout des personnels des lycées et collèges en France. Sa vocation première est de construire des indicateurs de qualité de vie au travail à destination des établissements secondaires.
 
Cette enquête a été réalisée avec la collaboration de l’ESEN (École Supérieure de l’Éducation Nationale) avec l’aide de la CASDEN/BP et de la MGEN, ainsi qu’avec le soutien des principaux syndicats des personnels de direction et d’enseignants (SNPDEN, SNES/FSU, SE/UNSA, SGEN/CFDT). Le travail statistique a été effectué par Crane ROGERS, ingénieur statisticien Université Claude Bernard LYON I (IUFM). Que ce dernier, ces organisations et leurs responsables en soient ici vivement remerciés.
 
INTRODUCTION
 
La qualité de vie au travail, ses conséquences sur les individus, plus particulièrement le «burnout» et ses rapports directs avec le climat de travail sont des préoccupations présentes dans le monde des entreprises depuis près de quarante ans.
Pour l’Éducation Nationale, la première entreprise de France avec plus d’1 million 100 000 salariés, cette «obligation» a longtemps été ignorée et réduite notamment à la portion congrue par une médecine de prévention comptant de soixante à soixante dix médecins spécialistes en charge selon leur statut «des domaines de la santé et du bien-être au travail des personnels de l’Éducation Nationale».
Ces médecins doivent notamment apporter une expertise sur l’environnement
professionnel et contribuer à la définition et à la mise en œuvre de la politique académique de prévention. En 2006-2007, le nombre moyen de personnels affectés à chaque médecin était de 18 000 ; 5 académies n’avaient pas de médecin de prévention. En 2011, on note une amélioration sensible de cette situation : 17 nouveaux contrats de médecin de prévention ont été signés et un accord MEN (DGRH)/MGEN portant sur une visite médicale pour les personnels de plus de 50 ans (actuellement dans 6 académies) a été conclu.
À noter aussi que l’article L230-2 du code du travail stipule : «le chef d’établissement (sans référence aux personnels de direction de l’Éducation Nationale) prend les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs de l’établissement y compris les travailleurs temporaires».
Dans cet objectif, il doit évaluer les risques spécifiques pour son établissement et planifier la prévention en y intégrant dans un ensemble cohérent, la technique, l’organisation du travail, les conditions de travail, les relations sociales et l’influence des facteurs ambiants. À cette lecture une question se pose : comment ce qui est prévu au code du travail au nom de l’égalité des garanties de sécurité pour tous les travailleurs du pays est susceptible de s’appliquer à nos établissements publics locaux d’enseignement ?
Les travaux menés par les auteurs, plus particulièrement sur le climat scolaire, le moral et la victimation des personnels de direction, la qualité de vie au travail des enseignants ainsi que les récentes enquêtes des organisations syndicales ont ouvert une brèche dans ce monde du silence. Ils ont mis en évidence «même à l’Éducation Nationale» l’importance des conditions de la qualité de vie au travail des personnels des établissements scolaires, non seulement pour leur santé et leur bien-être personnel mais aussi pour le climat général et le développement d’une dynamique collective pour la réussite des élèves.
Le constat patent de la carence de reconnaissance de ces risques «psychosociaux» tant sur le plan de la santé que sur celui des situations conflictuelles a permis de faire émerger la nécessité d’une évaluation d’impact suivie de la mise en place de la prévention à la source.
Pour mener à bien ce travail pionnier, principalement dans sa phase d’élaboration du questionnaire, un groupe de travail mixte ESEN/MGEN a été mis en place (voir annexe). La démarche et l’outil qui sont issus de cette phase de préparation ont été testés sur le terrain et présentés aux principaux syndicats représentatifs des personnels de l’EN ainsi qu’à l’administration concernée.
Les résultats qui vous sont présentés pourraient se révéler pour certains préoccupants si ce n’est inquiétants tant pour la qualité de vie dans nos établissements que pour l’adhésion des personnels aux valeurs professionnelles et à la satisfaction de l’exercice du métier. Un des éléments explicatifs de cette situation, le climat scolaire, et plus particulièrement un de ses constituants «les politiques disciplinaires» menées dans les établissements sera approfondi. Il serait susceptible d’«autoriser» certaines prises de conscience se prolongeant par de nouvelles pratiques.
Sur le registre des conséquences «santé» de la non prise en compte des risques psychosociaux pour les personnels, un point sera fait sur le «burnout» des enseignants, ses conséquences individuelles et collectives et les démarches et outils à mettre en œuvre pour les prévenir.
L’ensemble du diagnostic et des analyses donne lieu à un corpus de propositions de changements et/ou d’améliorations – pour la plupart déjà expérimentées – qui concerneront directement le fonctionnement et l’organisation des lycées et collèges, l’exercice même du métier d’enseignant et les aides individuelles et collectives à mettre en place.
La majorité de ces propositions pourra être réalisée par la communauté éducative ; les autres seront du ressort de la prise de conscience et de la volonté des responsables politiques et syndicaux. Enfin, fidèles à notre conception de recherche-action, nous avons conçu des outils qui devraient permettre aux établissements d’élaborer un diagnostic et de mettre rapidement en œuvre des actions concrètes de prévention s’inscrivant non seulement dans le «Document unique» mais ayant aussi vocation à devenir un des axes du projet d’établissement.
Afin que ces outils et cette étude puissent devenir la base d’une réflexion critique — et grâce à l’aide de la CASDEN — ils seront diffusés à tous les collèges et lycées publics, aux responsables du système éducatif et partenarial de l’E.N. ainsi qu’aux autorités académiques et départementales.