PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

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THEME
Comment nouer les liens entre l’école et la cité ? Sur quoi prendraient-ils appui ? Quels en seraient les changements et les effets souhaités ?
 
Mercredi 4 février 2015
Intervenant
ANTOINE ANDERSON
 
Thème :
Quels sont les nouveaux contours de la politique éducative de la ville alors que la liste des quartiers prioritaires a été rendue publique, que les contrats de ville sont en cours de préparation, que le ministère de l’Education nationale appelle à la généralisation des PEDT et qu’il vient de publier une circulaire sur les contrats tripartites ?
Les programmes de réussite éducative sont pérennisés dans le cadre de la nouvelle génération de contrats de ville mais dans des modalités de mise en œuvre différentes.
En tenant compte de l’évolution de ce contexte, comment se nouent les liens entre l’école et la cité ? Sur quoi prendraient-ils appui ? Quels en seraient les changements et les effets attendus ?
 
Antoine Anderson, expert politique de la ville et fondateur de GUIDFI a déjà animé trois rencontres OZP sur ces thèmes en 2005, 2009 et 2012. Il revient une nouvelle fois faire le point sur la question et esquisser les voies et les moyens d’une politique éducative de la ville renouvelée1.
 
 I-/Ce titre suggère un point d’étape A partir d’une date de  référence
 
Ce point de référence,c’est celui d’une politique éducative de la ville qui depuis ces 5 dernières années n’a pas profondément évolué :
 
? depuis l’avènement du dispositif de réussite éducative, des cordées de la réussite et des internats d’excellence ;
? sur la place du dispositif de réussite éducative dans la perspective de son intégration dans la politique générale d’une politique éducative à l’échelle du territoire.
 
Ce point de référence, c’est celui d’une politique éducative (tout court) qui depuis ces 5 dernières années ne parvient pas :
 

? à réduire le nombre de jeunes sortis du système scolaire sans diplôme ;

? à rompre l’écart significatif des retards des enfants dans les quartiers populaires 2, comparés aux autres territoires de l’école et aux différentes catégories ;
Car comparés aux CSP les plus favorisés le rapport s’établit de 1 à 6,
selon l’INSEE 3, (20,5% contre 3,6%). Et 32,4% d’élèves e nationalité étrangère contre 11,8% des élèves de nationalité française ;
? à faciliter, pour une part non négligeable de la population scolarisée, et dont le déterminisme social (conditions de vie – origine géographique – niveau socio- économique) est important à trouver sa voie, son orientation, son métier ;
Le terme de métier est entendu dans le sens de besoin et d’utilité, qui nous correspond et qui sert (exécute–s’occupe de, pourvoir à–administrer ou encore diriger).
Il ne faut pas le confondre avec profession ou encore travail, qui ne sont que les derniers avatars de la distinction / confusion du terme de métier ;
? à conduire vers plus de réussite scolaire les élèves issus des établissements à forte proportion d’élèves résidant dans les  quartiers populaire ;
? à bâtir sur les territoires une offre et une stratégie visant explicitement à réduire les inégalités scolaires et à favoriser l’égalité des chances ;
? à susciter avec suffisamment de conviction et de moyens la participation et une coopération renforcée avec les parents 4, alors que la scolarité de leurs enfants et les relations qu’ils entretiennent avec l’école constituent l’une de leurs préoccupations majeures.
Sur le terrain, c’est le discours de l’absence des parents, voire de leur
démission qui prédomine.
 
Pour ma part, j’observe que, depuis quelques années, nous disposons de nombreuses études et de rapports sur la connaissance et la compréhension du contexte éducatif et territorial, ainsi que sur la performance scolaire et la gestion effective des priorités et des moyens associés. Les travaux de nombreux sociologues de l’éducation nous ont appris que la promesse républicaine n’était pas à la hauteur des enjeux et des attentes des familles en termes d’équité et de justice. Cette connaissance sur notre système éducatif est, de mon point de vue, inédite et révèle enfin des vérités qui sont utiles pour poursuivre sa refondation.
A cela s’ajoutent des travaux qui permettent d’évaluer la situation perçue par les élèves eux-mêmes et leurs familles, quant aux inégalités et aux injustices qu’ils vivent.
Or, je me souviens d’une époque, pas si lointaine, où l’accès à l’information et l’échange sur la mesure réelle des établissements et leurs performances étaient tabous.
Selon le ministère de l’Education nationale, depuis 2002, le poids de l’origine sociale sur les performances des élèves de 15 ans a augmenté de 33 %. Le déterminisme social se traduit à la fois par une inégalité des chances pour certains élèves et aussi par une dégradation du niveau de tous les élèves.
 
1 Antoine Anderson, expert politique de la ville, fondateur de GUIDFI, qui a déjà animé trois rencontres OZP sur ces thèmes en 2005, 2009 et 2012, revient une nouvelle fois pour faire le point sur la question et esquisser les voies et les moyens d’une politique éducative de la ville renouvelée.
2 Selon l’observatoire national des zones urbaines sensibles (ONZUS), 39,1% des collégiens issus des quartiers populaires ont une année et plus de retard contre 22,5% pour la moyenne nationale.

A la rentrée 2011 (rapport ONZUS 2013), 21,8% des élèves entrant en 6ème ont une année de retard et plus contre 12,3% pour la moyenne nationale.

3 INSEE Première : «Le retard scolaire à l’entrée en 6ème : plus fréquent dans les territoires les plus défavorisés » – n°1512– septembre 2014.

4 « Renforcer la coopération entre les parents et l’école dans les territoires » Circulaire n°2013 – 142 du 15 octobre 2013, applicable à la rentrée 2014, qui s’inscrit dans le prolongement de nombreux rapports depuis une dizaine d’années et, plus récemment, des travaux du Comité national de soutien à la parentalité et ceux de la Conférence nationale de lutte contre la pauvreté et pour l’inclusion sociale des 11 et 12 décembre 2012.
 
II-/La place et le rôle de l’école publique Qui porte la promesse républicaine d’égalité doit être revalorisée
 
III-/Du côté de l’Education nationale, La refonte de l’école est en mouvement
 
IV-/Du côté de la ville, l’offre éducative et les outils n’ont pas évolué depuis ces 5 dernières années, ni fondamentalement la coopération entre l’école, les parents, la collectivité et l’éducation populaire
 
V-/Pour conclure dans cette dernière partie, je voudrais mettre l’accent sur ce qui peut faire «société éducative»
 
Autour des valeurs
Un projet éducatif de territoire
Le contrat tripartite
L’éducation partagée