PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

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Gestion administrative et financière, management de projets, ouverture vers l’extérieur …: les collectivités doivent soutenir les directeurs de crèche, en première ligne pour appliquer des politiques «petite enfance» de plus en plus ambitieuses, dans l’acquisition de ces compétences.

L’engouement des parents pour les crèches a fait de l’accueil collectif un enjeu stratégique de dynamisation du territoire. Davantage de collectivités construisent donc une véritable politique de la petite enfance, dont les directeurs de structure d’accueil sont les courroies de transmission. «Le temps où les directrices de crèche régnaient en maître sur leur établissement est révolu, souligne Marie-Christine Sarre, directrice générale adjointe chargée du développement social et’ de la solidarité à Toulouse [441800 hab., 64 directrices de crèche, Haute-Garonne]. Nous leur demandons de s’inscrire dans notre politique publique et de jouer un rôle de pivot entre la direction de la petite enfance, l’équipe de professionnels et les familles. »

Accompagner le changement

Les responsables de structure doivent prendre conscience qu’ils appartiennent à une organisation plus vaste. Cela passe par l’ouverture de leur établissement sur son quartier et sur la ville, en interaction avec ses principaux acteurs ; l’accueil de publics plus diversifiés (porteurs de handicap, familles en insertion …); l’acceptation du regard des parents sur la vie de la crèche, grâce à la mise en place de conseils de parents. «La crèche devient terrain de stages, s’ouvre sur l’école … Il paraît difficile aujourd’hui de gérer une structure si l’on n’est pas en capacité de s’ouvrir sur les autres projets de la cité», estime Isabelle Chapotel, directrice de la crèche Pablo-Picasso à Montreuil (102870 hab., 11 directrices et directeur de crèche, Seine-Saint-Denis).
Autant d’exigences qui nécessitent de nouvelles qualités managériales pour accompagner ce changement et rassurer les équipes. «C’est la réalité du terrain qui fait de vous une directrice de crèche. Il n’y a pas d’école pour cela», témoigne Isabelle Chapotel. C’est d’autant plus vrai que le contenu de la formation de puéricultrice est quasiment dépourvu de notions  managériales, alors qu’il s’agit du diplôme phare pour diriger un établissement d’accueil du jeune enfant (EAJE, lire ci-contre). «C’est toute la problématique des métiers médico-sociaux. Les formations sont éminemment techniques. Le management vient
par la suite, sur le terrain», confirme Marie-Christine Sarre.
Les politiques contractualisées avec les caisses d’allocations familiales, dans le cadre de la prestation de service unique (PSU), viennent également bouleverser le métier eh exigeant de fournir des tableaux de bords précis sur la fréquentation des familles. «Pour les directeurs de crèche, cela signifie davantage de gestion administrative et financière, pour laquelle ils ne sont pas toujours formés dans le cadre de leur formation initiale, constate Cécile Boivin, responsable de domaine au pôle de compétence
"enfance" du CNFPT. L’équilibre est difficile à tenir. Chez certains directeurs d’établissement, cela peut générer de la frustration, car ils estiment s’éloigner de leur coeur de métier.»

Une certaine autonomie

Parvenir à cet équilibre entre gestion, relationnel et ouverture vers l’extérieur, tel est donc l’enjeu de la mutation du métier. D’où l’importance, pour les collectivités, de développer chez leurs responsables d’EAJE une culture d’appartenance à l’institution qui leur permette de prendre de la hauteur, tout en les soutenant dans leurs fonctions managériales. Un subtil dosage, car il s’agit aussi de préserver leur autonomie. «Je communique, j’accompagne, mais je laisse aussi une certaine liberté aux responsables d’EAJE: il ne s’agit pas d’uniformiser les projets pédagogiques », souligne Guy Vassal, directeur général des services de la communauté de communes de Desvres-Samer (31 communes, 3 directrices de crèche, 21700 hab., Pas-de-Calais).

Michèle Foin

JURIDIQUE

Une fonction qui s’ouvre le décret n°2007-230 du 20 février 2007 relatif aux établissements et services d’accueil des enfants de moins de 6 ans dispose que la fonction de direction, jusqu’alors réservée à un médecin ou à une puéricultrice ayant au moins cinq ans d’expérience, peut être ouverte à d’autres professionnels, comme les éducateurs de jeunes enfants ou les infirmiers diplômés d’Etat (dans les établissements de moins de 40 places).

Le rôle du coordonnateur

Le coordonnateur «petite enfance» facilite le travail des directeurs d’établissement d’accueil du jeune enfant. C’est en effet à lui qu’il revient d’animer des projets transversaux, ainsi que d’engager des partenariats sur un territoire. Le coordonnateur pourra également tempérer les exigences des partenaires financiers face aux réalités du terrain. Sans coordonnateur, dans certaines intercommunalités, notamment rurales, les directeurs d’établissement sont parfois seuls en lien avec le maire pour monter et défendre une politique de la petite enfance.

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