PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

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Depuis dix ans, la ville de Saint-Priest permet à chaque écolier d’intégrer un des trois orchestres dirigés par des professionnels issus du conservatoire.

La musique dans les classes san-priotes c’est une longue histoire. Depuis trente quatre ans, les interventions musicales sont devenues la règle dans les classes. Ce long compagnonnage a pris un tournant plus qualitatif il y a dix ans, le jour où de véritables classes-orchestres ont vu le jour.

Trois orchestres

L’orchestre à cordes (guitares, violons) est accessible tout au long de l’année. Pour les cuivres (trompettes, trombones, cors, tubas) et la batucada (percussions brésiliennes), les élèves s’embarquent pour une semaine complète de résidence. La démarche est originale dans le sens où la ville a acheté elle-même les instruments, dont le parc est renouvelé chaque année à hauteur de 15%. Bernadette Genestier, directrice du conservatoire municipal, estime « que l’école est l’un des rares endroits où l’accès égalitaire à la culture est possible ». "Certes, ajoute-t-elle, l’entrée en musique peut se faire par le conservatoire. Mais cette démarche est volontaire. À l’école, l’élève a ainsi la possibilité de se familiariser avec le geste musical".

Le plaisir du jeu collectif

On pourrait redouter une immense cacophonie à imaginer une classe entière débarquant dans une salle fourmillant d’instruments. Passé le stade de la curiosité, la démarche recèle des trésors de pédagogie. « Lesélèves disposent la plupart du temps d’un bagage musical assez pauvre. Le défi est de faire jouer tout le monde ensemble, de créer des silences, des timbres, des couleurs, des temps longs ou graves. Tout enfant est capable de produire un son avec l’instrument, d’avoir un rapport ludique avec lui, loin descontraintes du solfège ou des gammes à apprendre par coeur. Une fois conscient de cette possibilité, l’élève peut jouer avec les
autres. Il Va aussi la nécessité absolue de respecter les autres, de partir au bon moment, d’apprendre le plaisir du jeu collectif», explique la directrice. Le savoir-faire passe donc derrière le savoir être. La cerise sur le gâteau consiste à élargir les bases de l’appropriation culturelle de la musique, d’offrir aux élèves les moyens d’aller plus loin.

Et demain?

Reste à savoir comment cette initiative va trouver sa place dans la nouvelle organisation issue de la réforme des rythmes scolaires, actuellement en cours de discussion. "Aura-t-on le fromage et le dessert ?", sourit Bernadette Genestier, redoutant que la volonté du gouvernement de renforcer l’éducation artistique à l’école ne soit pas suivie d’effets sonnants et trébuchants. "À l’heure où l’on s’interroge beaucoup sur l’échec scolaire, il serait dommage de mettre à mal un tel dispositif parce que ces classes-orchestres révèlent chez l’enfant une disposition unique, l’émergence de sa propre excellence", conclut -elle.

Stéphane MENU

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