PRomotion des Initiatives Sociales en Milieux Educatifs

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Dans sa Note d’information de septembre 2015 la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP) s’est intéressée à l’implication des parents au cours préparatoire (CP). Au cours de cette année cruciale pour la réussite scolaire des enfants, le positionnement des parents est très variable même si, dans la très grande majorité des cas, ils s’attachent à suivre le travail accompli par leur enfant.

Dès cette entrée au primaire, l’étude montre cependant que les différentes formes d’implication « dépendent davantage des ressources culturelles que du milieu social ou du niveau de revenu des familles. Ainsi, la probabilité d’appartenir aux profils des parents les plus investis croît fortement avec le nombre de livres à la maison et le diplôme maternel. »

Au CP, le contact entre l’école et les familles est très fort. « Près de neuf parents sur dix assistent aux réunions parents-enseignants et plus des deux tiers prennent l’initiative d’un contact personnel avec le maître de leur enfant. Réciproquement, 42 % des familles rencontrent l’enseignant à son initiative. Au total, l’absence de contact avec l’école constitue un phénomène très rare : seulement 3 % des parents n’ont jamais rencontré le maître de leur enfant et 2 % ne l’ont rencontré qu’à la demande de celui-ci. »

Le suivi du travail réalisé en classe est très important : « 86 % des parents déclarent aider régulièrement leur enfant. Au CP, le contrôle des cartables et des cahiers, la récitation des leçons et l’aide aux devoirs touchent près de neuf écoliers sur dix. Les trois quarts des familles vont encore plus loin en revoyant avec l’enfant les points abordés pendant les heures de classe. »

Les parents sont très majoritairement attentifs à la préservation d’un rythme de vie compatible avec le suivi de la scolarité. Mais là où les écarts se font, c’est en matière d’engagement dans les instances de l’école et dans les loisirs. Seulement 14 % adhèrent à une association de parents d’élèves.

On note aussi que « plus des deux tiers des familles lisent régulièrement des histoires à leurs enfants et si plus de la moitié des écoliers sont inscrits à un club de sport ». Le temps passé devant la télévision est aussi très contrôlé par les parents.

Mais dans quatre familles sur dix, si le suivi scolaire est rigoureux, il n’y a pas d’investissement dans les activités extrascolaires. Ainsi, « les loisirs sont beaucoup moins orientés vers des activités complémentaires à la scolarité que dans les autres familles. En particulier, le niveau d’interaction entre parents et enfants dans les loisirs apparaît peu élevé. Seule la lecture d’histoires réunit parents et enfants autour d’une activité commune dans une majorité de familles. Les enfants bénéficient  aussi moins souvent d’activités encadrées. »

Par opposition, dans quatre familles sur dix, il y a un fort investissement dans les activités extrascolaires en plus d’un suivi scolaire rigoureux. Dans ces familles, les enfants bénéficient de nombreuses activités encadrées en dehors du temps scolaire. La télévision est très contrôlée. C’est là qu’on trouve les familles qui s’impliquent aussi dans les associations de parents et dans le fonctionnement de l’école.

En revanche, « 11 % des familles pratiquent une ‘implication en demi-teinte’ ». E de constater qu’ « elles participent aux réunions de début d’année scolaire et prennent l’initiative d’un rendez-vous avec l’enseignant dans des proportions comparables. Les loisirs donnent aussi lieu à peu d’interactions entre parents et enfants. Mais l’aide au travail scolaire les distingue fortement.

Elle est moins fréquente et surtout moins diversifiée dans les familles ‘implication en demi-teinte’. Aucun enfant dont les parents appartiennent à ce groupe ne bénéficie de l’ensemble des aides distinguées dans l’enquête. En particulier, ils sont quatre fois moins nombreux que l’ensemble des écoliers à revoir avec leurs parents ce qu’ils ont appris en classe. »

Enfin, « en matière de suivi des devoirs, les 8 % de parents du groupe ‘Absence d’aide’ adoptent une attitude encore plus radicale, seulement 5 % d’entre eux déclarant aider régulièrement leur enfant. Le type d’aide qu’ils dispensent reste très flou puisqu’aucune famille ne déclare apporter régulièrement à leur enfant l’un des quatre types d’aide identifiés dans l’enquête. »

Il existe aussi 5 % des parents d’élèves de CP qui « montrent une ‘Réticence à collaborer avec l’école’ : aucune famille n’assiste aux réunions de début d’année scolaire ou n’a pris l’initiative d’un rendez-vous avec l’enseignant de son enfant. Les 41 % de familles qui se sont néanmoins rendues à l’école l’ont fait exclusivement sur convocation. »

Les différentes formes d’implication des parents dans le suivi de la scolarité de leur enfant sont immédiatement liées au capital culturel des familles. On s’engage fortement quand la mère est diplômée de l’enseignement supérieur ou le père cadre, ou encore quand il y a au moins deux cents livres à la maison.

En revanche, quand « la mère est sans diplôme, la personne de référence inactive ou encore le nombre de livres au foyer inférieur à trente », l’implication devient bien moindre. On pourrait croire alors que l’implication des familles dépendrait tout autant de leurs ressources financières que culturelles. Mais ce n’est pas le cas : « la manière dont les parents s’impliquent apparaît alors beaucoup plus liée au nombre de livres à la maison et au diplôme maternel qu’à la catégorie sociale de la personne de référence ou au niveau de revenu. À ce dernier facteur n’est associé presque aucun effet significatif. »

La DEPP note que « cette forte influence du capital culturel attire d’autant plus l’attention que le lien avec les caractéristiques propres à l’élève apparaît beaucoup plus lâche. Ainsi, aucune différence d’implication entre garçons et filles ne s’observe à ce niveau du système éducatif. Les écarts sont sensiblement plus prononcés, s’agissant des résultats scolaires. Plus l’enfant est arrivé au cours préparatoire avec un niveau d’acquis élevé, plus sa famille appartient aux groupes » qui s’impliquent le plus dans le suivi de leurs enfants. Bourdieu…quand tu nous tiens !

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